La véritable histoire de Canartrecho...

L’histoire de « Canartrecho » commence à Gimont, dans le Gers, en Janvier 2016.

 

Booba et Kaaris, 2 canards jumeaux  pas tout à fait comme les autres, se distinguent dans le poulailler.

 

Dès l’âge de 2 ans, ils réveillent le coq tous les matins pour le supplier de leur apprendre les tables de multiplication. Celui-ci, craignant pour son emploi, et agacé d’être systématiquement réveillé en pleine nuit, finit par accepter de les prendre sous son aile : il ira même jusqu’à leur apprendre l’astuce de la multiplication par 9(*) un soir de pleine lune.

Fig 1 : Coq tentant d’expliquer l’astuce de la table de 9 à des étudiants aux pieds désespérément palmés, un soir de pleine lune,

A 3 ans, férus de lecture, Booba et Kaaris picorent, puis dévorent littéralement l’intégrale de la collection « Les Petites poules », qu’avait laissé trainer Choupette, la fille aînée de de Patrice Escaladieu, éleveur de canards de père en fils depuis 4 générations.

Fig 2 : Patrice Escaladieu, éleveur de canards de père en fils depuis 4 générations.

Booba et Kaaris ne limitent pas leur intérêt à la littérature, et se passionnent également pour le développement durable, une notion à priori abstraite pour deux membres d’un élevage de 700 canards gersois, destinés à finir en magrets, confits et rillettes.

Qu’importe, Booba et Kaaris le disent à qui veut l’entendre : eux sauront braver leur destin !

Fig 3 : Canard n’ayant pas bravé son destin, vieilles années.

Aux dires des anciens, qui ont tout vu, tout connu, l’ascenseur social est pourtant en panne pour les jeunes canards épris de liberté. Ils en ont vu, ces dernières années, des jeunes canetons fous, tenter bravement l’évasion, et l’affirment haut et fort à qui veut bien l’entendre : fuir est inutile ! La sagesse c’est de continuer à profiter d’une nourriture riche et abondante à l’approche des fêtes de fin d’année.

Fig 4 : Anciens affirmant haut et fort que la sagesse c’est de continuer à profiter d’une nourriture riche et abondante à l’approche des fêtes de fin d’année.

 

Booba et Kaaris écoutent poliment les aînés, pèsent le pour et le contre….

Mais rien ne saurait les décourager d’aller voir le monde, persuadés qu’ils sont que leur salut passera par l’éducation et le courage, des valeurs qui leur ont été inoculées dès la naissance par leurs parents, Georges et Sylvie.

Fig 5 : Georges - endimanché comme jamais – sur le point de demander Sylvie en mariage Archives familiales, Nov. 2004

Lors du Lundi de Pâques – qu’accorde Patrice Escaladieu à ses ouailles en vertu d’une vieille tradition familiale - Booba et Kaaris, qui en profitent pour se dégourdir les palmes autour du lac découvrent le pot aux roses : c’est la stupéfaction.

Fig 6a : Booba et Kaaris (au 2e plan, à droite) découvrent le pot aux roses : c’est la stupéfaction !

Cet affreux pressentiment sera d’ailleurs confirmé par une découverte impromptue dans la cabane du fond du jardin, dans laquelle Patrice Escaladieu aime à se détendre le mercredi matin :

Fig 6b : Confirmation de l’affreux pressentiment

Leur reconnaissance envers Choupette, grâce à qui ils savent désormais déchiffrer des textes élaborés, n’a d’égal que leur désir de s’enfuir de la ferme. Le 14 Juillet, au terme d’une réflexion de plusieurs semaines, ils finalisent un plan d’évasion que l'on pourrait qualifier de scientifique.

Le 21 Juillet 2019, 671 canards font la courte échelle à Booba et Kaaris, qui, à 3h54 précises, enjambent le mur de clôture, construit brique par brique par Henri Escaladieu (paix à son âme) en 1842.

èès 3h56, les anciens, vexés qu’on ne les ait pas écoutés, marmonnent leur mécontentement à qui veut bien l’entendre, c’est à dire pas grand monde.

 En vérité, ils sont admiratifs de ce duo d’équilibristes, qui a osé appliquer le théorème de Thalès pour calculer la hauteur du mur de clôture, puis celui de Pythagore pour calculer le nombre de canards  nécessaires à la constitution de la diagonale de la Liberté…

Fig 7 : Brouillon du plan d’évasion :

 

Application consécutive des théorèmes de Thalès et Pythagore pour déterminer la hauteur de l’enceinte

(au premier plan, Kevin amateur de barres parallèles à ses heures…)

En ce 21 Juillet 2019, jour anniversaire des 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune, 2 paires de pieds palmés se posent à 3h56 précises du côté Libre de la clôture, sous les vivats peu discrets de 700 becs en délire. Un séisme de magnitude 7 est enregistré dans le Gers, qui sera ressenti jusqu’à la Salles des Illustres, place du Capitole…. L’aventure ne fait que commencer !

Fig 8 : Poulailler de Gimont (32) vu de l'extérieur (21 Juillet 2019, 3h56)

Après quelques heures de marche, les jeunes canetons font la rencontre de Sewan, jeune étudiant toulousain venu regagner le domicile familial le temps d’un week end, et d’une machine à 60 degrés.

Fig 9 : Image rare d’un étudiant faisant lui-même sa lessive en semaine

Impressionné par la volonté de fer des héros palmés, et bien que quelque peu embué par une soirée hommage à l’Armagnac gersois, celui-ci accepte de les prendre à bord de sa voiture, à la condition expresse qu’ils maitrisent leurs émotions pendant le trajet.

 

Sewan cache les évadés dans l’ample boite à gants de sa Clio 2 banalisée, convaincu que la supercherie lui permettra de déjouer la vigilance de la maréchaussée, et des services sanitaires: c’est le cœur plein d’entrain que les trois compagnons se dirigent vers la Ville Rose.

 

Fonsorbes, Plaisance du Touch, et Tournefeuille sont passés sans encombre.

 

Sewan, prudent, décide toutefois de gagner la ville par les chemins de traverse plutôt que la Rocade, déjà surpeuplée à 6h du matin.  

 

La feuille de route est convenue : ce sera Lardenne, Les Pradettes, Patte d’Oie (évidemment !),  Saint Cyprien, puis le Pont St Pierre, avant l’arrivée Place du Capitole, prévue pour 8h30…

Fig 9 : Un trajet murement réfléchi malgré les vapeurs d’Armagnac